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III .

  III .







«Sur le toit du monde .»










Assise sur ce banc glacé , le dos contre les barrières de fer , j'attends depuis un nombre invérifiable d'heures . Je l'attend lui . Je savais que il prenait ce train à une certaine heure et j'espérais depuis ce matin de voir son corps descendre de la voiture . J'ai froid , épuisée de l'attente , mais je tiens . L'espoir reste au fond de mon c½ur , on s'était promis que on se reverrai . Cette promesse je la tiens depuis un an sur chaque parcelle de mon vivant . J'avais compté chacun des jours qui nous séparaient et aujourd'hui , les heures devenaient lourdes . Je savait que les passant me dévisageaient . Mais mes pensées restaient fixées sur ce jeune homme . Ce jeune homme aux cheveux trop noir , aux yeux trop expressifs , avec ce visage trop blanc , ce corps tellement fin , tellement grand . Ce jeune homme trop parfait . Et pourtant je tenais à revoir sa silhouette filiforme qui me protégeais de ce qu'il pouvait . Son nom restait gravé sur mes lèvres , tout comme l'odeur de sa peau laiteuse , la douceur de ses mains . Je n'avais rien oublié . Et les personnes ne savaient pas que derrière cette fille compactée dans sa position de protection , il y'avait une explosion d'impatience . Une explosion de sentiments divers . Mes jambes repliées contre ma poitrine , mes mains gelées ancrées dans mes poches et cette capuche cachant mon visage , je savais que personne n'aurait put voir mes yeux grands ouverts , ce regard perdu dans le vide imaginaire . Dans ma tête , passait ces milliers d'images trop nettes , où chacun de ses mots produisait cet effet néfaste , que mon corps traduisait par un frisson ardent . Où son regard posé sur moi créait ces millions d'étincelles , toutes aussi violentes les unes que les autres . Il m'était vital . Tout comme l'air dans mes poumons ou le sang dans mes veines . Je croyais que la vie sans lui pouvait être impossible et j'ai vécu un an seule , isolée . Dans l'espoir quotidien qu'il m'appelle et me dise :
« Je suis devant ta porte . »
Mais il n'a jamais osé me téléphoner . Et moi non plus . De peur que je devienne dépendante de sa voix . De tout ce qu'il me restait . J'avais droit à quelques messages de sa part . Et je répondais toujours prudemment . De peur qu'il sache vraiment que il manquait à mon existence . Jusqu'au jour où par un temps pluvieux me le rappelant étrangement , mon portable vibra pour laisser apparaître quelques mots .
13 Janvier . 15h21 « Le 18 Février , j'aurais un train . Seras tu là ? »
J'ai pris une semaine pour répondre . Tellement que le bonheur avait envahi mes sens , que je ne savais plus comment réagir à tellement de joie en l'instant d'une seconde . Mon c½ur trop petit , explosait de bien-être .
22 Janvier . 07h46 « T'es morte ? »
22 Janvier . 07h47 « Non ; Je te faisais languir . Oui je serais là . »
22 Janvier . 19h59 « Alors à dans 27 jours... »
27 jours . Moins d'un mois . Et j'ai l'impression qu'il est passé un siècle . Et pourtant mes sentiments restaient les mêmes ; toujours aussi fort , toujours aussi présent . Je souffle contre mes genoux pour réchauffer mes membres courbaturés mais le vent glacial attrape mon haleine en un moment . Je laisse tomber ; j'aurais froid pour le voir , tant pis . Sur le flanc de ma hanche , mon téléphone vibre , me signalant l'arrivée d'un nouveau message . Je me redresse difficilement dans le silence pesant de la gare . Je glisse une main dans une des poche de mon pull trop grand et en sors , tremblante , le portable .
18 Février . 16h34 « Pas trop impatiente ? »
18 Février . 16h34 « Non ça va . Je vais commencer à me préparer pour venir te chercher . »
On ne s'était jamais vraiment montré nos sentiments . On se limitait avec des regards . Nos discussions pouvaient faire croire que c'était une simple amitié . Je ne savais pas trouver les vrais mots pour lui prouver que je l'aimais de tout mon être ; je me contentais de lui faire croire le contraire . Mais il savait ce qu'il se cachait derrière cette face froide et il essayait de me montrer que son c½ur m'appartenait . & les remerciements n'auraient pas suffit . Il m'avait bien dit un jour « Le jour où tu m'aimera , tu le criera sur les toits d'accord ? » . Je ne l'avais jamais fait et je m'en voulais tellement .
18 Février . 16h35 « Je ne te crois pas . »
18 Février . 16h37 « Tu devrais . J'ai froid Adam . »
18 Février . 16h37 « J'arrive . Dans quelques minutes . J'aperçois déjà le même soleil que le tien . » .
18 Février . 16h37 « Il est aussi beau ? »
18 Février . 16h45 « Non . Il n'est pas encore à son zénith . Près de toi , il saura briller aussi fort . »
Près de toi ... Je pose le mobile à côté de moi et cogne ma tête derrière moi . Je murmure son nom en croisant mes bras . Les voyageurs se font plus nombreux ; je me rends compte que l'heure arrive .
18 Février . 17h02 « Tu es toujours pareil dis moi ? J'arriverais à te reconnaître ? »
Une vague de doute imprégna mon regard . Si j'avais changé ? Et si quand on se retrouvera ; il trouvera mon visage pas assez reconnaissable ? Mes jambes touchent durement le sol prêt à s'enfuir mais l'appareil vibre de nouveau dans ma main tremblante .
18 Février . 17h07 « N'est pas peur . Je te reconnaîtrais . Je rigolais . »
Il savait lire en moi ; même avec les dizaines de kilomètres qui nous séparaient . Mes membres se calment et je reviens dans ma position inconfortable . Et toute façon , lui je le distinguerais . Et je n'avais pas changé . J'avais garder mes cheveux longs , noirs et cachant une grande partie de mon visage perdu . Il avait toujours dit que j'avais l'air triste . Sauf quand je riais . Mes yeux pétillaient et je semblais comme évadée , pas prête de revenir vers lui et il avait peur . Il savourait chacun de mes rires de peur que je ne revienne pas . J'étais incommode dans mon corps trop grand ; lui était tout le temps élégant , marchant fièrement .
« Comment tu fais Adam ? »
« Je montre au monde combien c'est bon quand je suis avec toi. »
Il était tellement incomparable . Et pourtant je l'ai haïs pendant des jours entiers lorsque il ma annoncé son départ . Je croyais qu'il voulait juste m'oublier , m'abandonné comme il pouvait remarquablement le faire . Et j'étais venu le voir partir , juste pour qu'il voie que je souffrais ; pour la première fois de sa vie , il allait voir que je l'aimais . Il neigeait , c'était trop dur pour être vrai . Et je sens encore son dernier baiser sur mes lèvres glaciales , sa demande de pardon et le voir monter dans ce train trop cruel . Les flocons fouettaient mon visage décomposé et il me disait au revoir de la main derrière cette vitre et je ne lui répondais pas . Il avait vu que je le exécrais , que je lui en voulais de tout mon être . Et il a fallu qu'il dessine ce c½ur du bout du doigt dans la buée pour me faire regretter . Déplorer ces derniers jours où j'avais refusait tout contact de lui ; mais j'avais peur de l'empêcher de partir . De m'accrocher aussi fort à lui pour qu'il reste près de moi toute sa vie . Mais je n'étais pas aussi égoïste que ça . La gare fut silencieuse en un simple moment ; ca y'est j'étais seule .
« Le train en provenance de Londres arrive en gare de Paris . Veuillez vous éloignez de la bordure du quai . »
Je relève hargneusement la tête , maintenant ...
18 Février . 17h16 « Je me lève . Prépare tes bras pour m'accueillir mon ange . »
Mon ange ... Si il savait que c'était lui qui m'avait offert ses ailes... Je me relève , tenant mon sac sur une des épaules , ne faisant pas vraiment attention à cette attache . Mes doigts tremblent contre mes hanches . Le train s'arrête devant moi et les portes s'ouvrent en même temps . Mon ventre explosait d'impatience , je ne tenais plus debout tellement mes jambes flageolait de frayeur . Et mon c½ur sonnait plus fort que toute la foule autour de moi . J'étais complètement seule entre tout le monde . Figée , immobile j'attendais de voir sa silhouette descendre aussi fragilement que possible . Le monde dévale le quai , les rencontres produisent leurs cris qui me sifflent dans les oreilles . Adam ... . Des ombres ne m'intéressent pas , je les suis des yeux sans vraiment regarder . Les portes se referment . Ne me fait pas ça ... . Les gens me bousculent et rient de leur bonheur à nouveau . Mais où est tu ? Mon corps ne suit plus mon c½ur . Je bascule vers l'avant . La fatigue prend chacun de mes organes et je me laisse tomber . Mais mes jambes supportent encore le poids de ma chair torturée et deux mains se posent délicatement sur mes yeux fermés de chagrin . Cette douceur .
« Tu ne m'a pas laissé tomber ... »
« Jamais . »
Sa voix . Ce grave si délicat , sans défauts . Protecteur . Mon organe principal tambourinait mes poumons , je rajoute mes doigts aux siens et les descends doucement . Les paupières encore closes j'entend Adam se tourner pour se placer devant moi . Sa présence me fait frissonner et dans un choc passionné j'ouvre précipitement les yeux . Mon dieu qu'il était beau . Ce sourire en coin , me laisse dévorer ses pommettes rougies par le froid . Enveloppé dans son écharpe , ses yeux m'observaient aussi tendrement qu'il en était capable . Et je ne supportais plus cette boule qui me prenait les tripes . Non , j'avais besoin de le sentir contre moi . Mais mes bras étaient figés . J'étais perdu dans son regard trop noir , trop secret . Il pris la situation entre ses doigts fins , contrôlant le temps avec son sourire étincelant . Il plaça ses mains de chaque côté de mes hanches et s'approche . Me tirant , je respirais de nouveau son parfum mystérieux . Si vous saviez comment il sentait bon . Ca me tirait vers le ciel , ca me soulevait haut . Je dispose mon visage dans son épaule et très lentement mon corps se calmait . Il passa ses bras autour de mon dos et me comprima contre lui . J'enlace son cou , engouffrant mes doigts dans ses cheveux , je le redécouvrais peu à peu . Il soufflait dans ma gorge , jusqu'à murmurer dans le creux de mon oreille .
« Si tu savais combien tu m'avais manqué . »
Les larmes qui s'étaient arrêté depuis trop longtemps dans mon être dévalèrent mes joues . Quelques gouttes noya son col et il s'aperçu de cette abondance de bonheur lorsque je toucha de mon visage humide le flanc de son cou . Il releva doucement la tête et en soulevant son épaule , il attrapa mes lèvres délicatement . Un frisson décala mon corps encore plus contre lui . Je demandais plus , je le voulais rien pour que moi . Notre baiser avait ce goût salé , mes larmes se baignant dans notre passion . Il sourit , je fis de même . Nos fronts se lièrent et ne formèrent qu'un . Ma gorge se serra de plaisir , c'était parfait .
« Viens je t'amène . »
Il releva surpris sa tête , arqua l'un de ses sourcils et embrassa mes lèvres doucement avant de dire :
« Où ? »
« Tu verra . »
J'accroche ma main dans la sienne et couru aussi vite que je pouvais . Il me suivait sans rien dire . Il riait derrière moi , dévalant chaque rue , pour monter ses centaines de marches . J'ouvris la dernière porte qui était devant nous et en quelques pas je l'amenai sur le toit du monde . C'était le moment . Je le lâche , m'avance devant lui et en ouvrant mes bras en croix , je hurle de tout mes poumons :
« J'AIME ADAM DE TOUTE MON ÂME ! »
L'écho de ma voix persifla dans les environs . J'avais éclaté ma gorge et très lentement je repris mon souffle .
« Tu vois , je te l'avais promis . » Murmurais je le regard droit devant .




# Posté le vendredi 18 avril 2008 08:00

Modifié le dimanche 04 mai 2008 07:40

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