IV . suite

  IV . suite
« Tu me manquais . »
La jeune femme se paralysa devant ses mots , et se cacha presque pour ne pas montrer ses joues empourprées . Elle était loin de croire que il ressentait encore quelque chose pour elle ; il attendait une réponse , elle le sentait dans son silence indigeste . Mais son c½ur la prenait de nouveau à court . Il s'affolait , crépitait de joie au fond de sa poitrine et il dessina un sourire sur son visage immaculé .
« Pourquoi es tu donc parti ?
« Pour vivre mon rêve .
« Dans lequel tu m'a exclue.
« Non ; tu ... ne pouvais pas venir .
« Oui tu me l'a déjà dit tout ça tu sais . Je me rappelle encore de cette soirée où tu as voulu me dire au revoir , après avoir profité une dernière fois de moi . Très malin ton piège . Puis sur un simple baiser tu m'as dit adieu . Je t'ai retenu par la force et tu m'as avoué que tu m'avais menti . Que tu étais avec moi , que tu partageais ma putain de vie , juste parce que mon père pouvait t'envoyer plus haut dans les étoiles . Ca te fait quelque chose de savoir que je ne lui parle plus ? Que ma mère le suit au doigt & à l'½il ? Que je croyais que tu reviendrais pour me dire que tu avais encore menti , que ta célébrité , tu t'en foutais . Et voila que tu reviens , pour me dire que je te manque ? Ce n'était pas ce à quoi je m'attendais .
« Tu voulais quoi ... ?
« Des excuses . Des regrets . Une pointe de nostalgie dans ta voix . Quelque chose pour me prouver que tu regrettes , non pas notre vie à deux , mais tes mots blessants , déchirants , presque tuants . Et tu arrives avec ta veste en cuir , ton ego surdimensionné , ta cigarette flambante et tes mots de nouveau ... »

Il s'accrochait au bois vieilli pour rester en place ; pour ne pas se jeter près d'elle et faire ce dont il avait envie . En fait , il ne savait pas ce qu'il voulait . Lui faire retenir ses phrases brûlantes ou la reprendre dans ses bras pour la taire à tout jamais . Il la regardait sans la voir , il partait loin en écoutant sa voix cassée d'émotion .
« Je suis désolé . murmura t-il de sa voix brisée .
« Arrête . A quoi ca te sers ? Tu ne l'es même pas . »

Elle avait répondu sur ce ton froid , glacial qui avait brisé son propre c½ur . En ne se tournant pas vers lui , elle avait quand même entendue le corps du jeune homme se laisser tomber au sol . Il était exténué , il ne savait plus quoi dire . Elle le niait sans arrêt , ne le laissant même pas avouer son âme , ne le laissant même pas lui donner le plus beau des cadeaux , celui du don de sa vie , son souffle . Elle le laissait tomber , le reculais au plus profond et l'éloignait au plus loin d'elle . Et il se battait pour attraper sa main afin de revenir vers elle , mais elle continuait à le projeter plus loin .
« Tu ne me connais plus assez pour vraiment savoir si je le suis toute façon .
1 à 1 . Elle osa le dévisager , le regard lourd .
« Parce que je suis la coupable maintenant ?
« On l'est tout les deux .

Personne n'aurait put fixer leurs visages refermés aussi longtemps qu'ils le faisaient . C'était insurmontable . Des joues aussi creusées , des pupilles aussi noires que le gouffre , ses lèvres pincées d'hargne ; Sur ce visage trop blanc , trop innocent . Mais qui aurait put accepter qu'ils se laissent détruire comme ça ? De simples gamins qui connaissaient la vie en avance . Qui savaient le goût de la mort avant l'heure .
« Non ; lorsque je t'avais dit : « Pour toujours » , j'étais sincère . J'étais entrain de me dire que ma vie était encore plus belle avec toi .
« Mais je ne mentais pas !
« Alors pourquoi tu m'a laissé ?! »

Ils sont tous les deux levés , s'offrant à un face à face imposant . Leurs poings serrés près de leurs hanches , leurs corps en avant pour infliger leur mal être .
« Parce que j'avais un choix à faire ! Je pensais que tu accepterais à vivre avec moi ce rêve , que tu m'attendrais jusqu'à ce que je revienne !
« Si tu savais combien je t'ai attendu . J'y croyais encore à tes dernières promesses . Tu t'en rappelles ? Dis moi , est ce que tu te rappelles l'endroit ? Tes mots ? Nos larmes de bonheur ? Est-ce que tout ça te revient à l'esprit ?
« Oui ...
« Et il a fallut d'un peu de fric , de gloire et de filles pour que tu te laisse emporter ? Que tu oublis tout ça ?
« Je n'ai jamais rien oublié !
« Menteur !
« Mais merde ! Tu crois vraiment que t'es la seule à souffrir ? Mais arrête de te plaindre ! J'ai vécu aussi les pires mois de ma vie , j'en suis passé par des moyens durs pour t'oublier . Et mon corps est une preuve même que je n'en étais pas capable .
« De quoi tu parles ?
« Rien .
« Dis moi le.
« Non .
dit-il en caresse de son doigt son poignet caché .
« Putain ! »

Elle se jette sur lui , s'accroche à ses bras fins , déchire presque ses manches pour les relever le plus haut vers son épaule . Taisant un cri de surprise , elle cache sa bouche terrifiée par une main tremblante . Un avant-bras lacérés de blessures pas encore cicatrisés ; des taches de brûlures , et dans le creux de son coude , cette marque brûlante de souffrance . Cette souillure violette qui faisait trembler sa veine encore plus fort , ses yeux se brouillent en même temps que les souvenirs lui reviennent .
« Tu te drogues ... ? »
Sa voix n'est qu'un simple filet ; trop faible , trop terrifié , elle recule vers le fond de la pièce . Ses jambes enclenchent la musique répétitive du piano de tout à l'heure et sa tête tourne en même temps que les notes . Lui , cache comme il peut son bras , le masque derrière son dos , n'osant même pas la regarder . Il n'était pas fier de sa faiblesse . Il aurait voulu oublier ces moments seuls dans sa chambre où il criait silencieusement . Il s'avance vers elle , elle le supplie de la laisser tranquille , il lui prit de se calmer . Ses cris résonnent avec les murmures . Elle tombe au sol une nouvelle fois , restant fixés sur son corps blessé . Il était détruit , aussi affaibli qu'elle . Elle n'était plus la seule et elle était la plus courageuse . Tout revenait à l'envers , tout se renversait à côté d'elle . Mais qu'est ce qu'elle avait cru ? L'homme qui avait partagé son souffle , celui qui l'avait guidé vers le bonheur... Comment avait-elle pu le prendre aussi cruellement ? Comment avait-elle osé ?
Il se place à sa hauteur , elle cache son visage de ses mains pour s'interdire de s'attarder sur ses blessures .
« Vas t'en ! Hurle t-elle à travers ses paumes
« Calme toi ...
Chuchote t-il en baissant les yeux .
« Arrête ! Arrête ! Je t'en supplie !
« Arrête , tu vas avoir une autre crise .
« Je m'en fous ! Je m'en fous putain ! Mais qu'est ce que t'as fait ?!
« Je ne sais pas . Ils ont voulus m'aider mais je me le faisais malgré moi . Tu me manquais . Je m'en voulais ...
« Ta gueule !

Elle envoie ses poings dans l'air comme pour le faire partir , mais il l'évitait , essayait de rattraper ses coups mais elle était trop violente , trop rapide . Elle pleure sans s'en rendre compte , elle gémis sans s'entendre ; qu'est ce qu'elle avait eu mal pendant tout ce temps et tout avait refuser de sortir, tout restais ancré dans ses organes et elle laissait tout couler , tout disparaître . Il était revenu différent . Elle avait peur de ses sentiments qui l'étouffaient , et son c½ur qui palpitait aussi fort , c'était irréel . Le jeune homme attrape brusquement ses poignets et entre ses doigts fins , le début de ses mains semblait fondre de ce contraste palpitant . Le froid de l'étreinte et la chaleur de la captive . Le froid de la peine et la chaleur de la haine . Elle veut se retirer , se tord pour s'échapper mais il s'approche encore plus . Ils sont tout les deux . Il a réussi à la piéger contre le mur ; elle cherche à fuir près de la paroi et lui la regarde pleurer , perplexe , le regard lourd . D'un geste , il coince sa tête devant son visage . Ces quelques centimètres les séparaient , elle sentait son souffle contre ses joues et respirait son haleine comme si c'était vital . Figée , immobile , effrayée , elle ne comprend plus la lueur qui brille au fond des pupilles noires cendres qui s'opposent à elle . Du regard il vacille entre les yeux bleus et les lèvres tremblantes puis la fixant hâtivement , il murmure dans le coin de sa bouche :
« Excuse moi . »
Puis leurs lèvres rentrent en contact . Une charge électrique se libère dans leurs deux corps ; ils frémissent , ils frissonnent , ils tremblent , ils oublient . Et lentement , les ongles épinglés dans le tissu du jeune homme se délient et la main fendue se métamorphose en une caresse coulant le long du buste tendu . D'une main il emporte la joue de la jeune fille pour la rapprocher de lui et de l'autre il guide sa hanche à se dégager . Elle reste passive , ne sentant rien que ce baiser , celui dont elle avait oublié les senteurs , les mémoires , les raisons . Tout revenaient aussi vite qu'un fantôme , c'était effrayant d'être aussi lié à quelqu'un , mais eux , c'était leurs c½ur qui ne formaient qu'un . Il se retire , et pose son front sur le sien .
« Je suis de retour . » Murmura t-il d'un sourire . « Je suis de nouveau là . »

# Posté le dimanche 04 mai 2008 07:53

Modifié le lundi 05 mai 2008 17:13

V .

  V .

« L'angoisse de tes rêves »



« Je ne peux plus respirer . Je ne sens plus la douceur de l'air passer dans ma gorge . C'est bloqué , c'est réduit , c'est douloureux . Oh oui c'est douloureux . Ca me tire , ca me lance , ca me tue . Tu entends ? Cette respiration saccadée , qui rime avec ses râles profonds , ces râles ténébreux ? Elle se conjugue parfaitement avec ce regard de détresse que je t'envoie , mes yeux perlent sans s'en rendre compte . Les larmes coulent aussi lentement que je péris . Elles brûlent mes joues pour arriver à me faire comprendre que je meurs , que je succombe à ce manque d'air inévitable , que je m'éteins . Ma poitrine se soulève dans une excitation de douleur étouffé , c'est décidé , c'est sur , je le sens de nouveau . Cet organe si fragile , si petit , mon c½ur . Tu l'entends lui aussi ? Il bat aussi fort que je cri , il chante un appel à l'aide , il murmure un dernier hurlement . Il fait trembler mes poumons , ma cage thoracique , mes côtes ... Il fait trembler mon corps en entier . Il veut sortir de cette peau torturée par la souffrance , il veut s'évader . Il a raison ce con , évade toi , libère toi de moi , ne me fait pas souffrir davantage . Mes genoux succombent à mon poids ; je sens mes os claquer sur le bitume . Je ne me retiens pas , mes mains s'accrochent à ma douleur . Mes ongles égratignent , griffent , écorchent , ils cherchent à se faire une place dans cet endroit chaud et confortable . Mais où es tu ? Les spasmes sont violents , je n'entends plus que mon souffle , brûlant de horreur . Brûlant de haine . Mais qu'est ce que tu fais à me regarder comme ça ? Mes pupilles dilatées ne te réveillent donc pas de ce coma ? Mais bouge toi ! Avance toi ! Prends moi dans tes bras ! Dis moi que ce n'est rien , que je vivrais encore . Près de toi , près des autres , près de vous . Mais fais le ! Ne t'excuse pas du regard , ne me prends pas en pitié , sauve moi . Je m'embrase de l'intérieur , je cède aux caprices de mon petit corps . Je t'en supplies , relève moi , fait moi voler . Rends moi une vie . »

# Posté le samedi 10 mai 2008 06:32

Modifié le samedi 17 mai 2008 15:13